Culture

Moutanga KEÏTA

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➡️  Bonjour, s’il vous plait présentez-vous pour les lecteurs de
Lobamag


Je suis un inventeur d’origine guinéenne, fondateur et Directeur
General de Tulip Industries Ltd depuis 2017.
Avant 2014, j’etais un banquier américain et chef de projet international basé à Washington DC. J’ai plus de 10 ans d’expérience dans le conseil aux investisseurs en matière de placement. Pendant de nombreuses années, j’ai exercé les fonctions de « Personal Banker » au sein de Bank of America Corp. dans l’État du Maryland et Directeur chez SunTrust Bank Inc. à Washington  DC.

J’ai représenté de nombreux investisseurs dans les domaines de l’investissement et du commerce international, allant des consultations stratégiques au financement et à la gestion des risques juridiques, en passant par la négociation d’accords de projets d’investissement. J’ai donc fais mes études aux États-Unis et obtenu trois diplômes d’études supérieures : (Master’s of Science in Management : Procurement & Contracts) Maîtrise en
gestion des contrats et passation de marchés, Maîtrise en administration des affaires (Master’s of Business Administration MBA) de l’Université du Maryland, et un diplôme en Négociation et Résolution des Conflits de l’Université Harvard Law, avec une grande partie de mes activités dans le domaine des investissements, négociations et de la gestion de projets internationaux.

➡️ Moutanga KEÏTA Et si vous nous racontez l’histoire derrière Tulip Industries ? Et comment tout a commencé ?

Tulip est née du constat que de simples technologies utilisées en Afrique devaient toujours être importées, et n’était pas adaptées à l’environnement. Les médecins et autres  professionnels manquent de moyens adaptés
pour répondre à des besoins pratiques en Afrique. Je me suis concentré d’abord sur l’apprentissage de la CAO (Conception Assistée par Ordinateur) depuis 2014 et ensuite sur la modélisation détaillée de mes créations. Cette phase de R&D a duré 2 ans, ensuite avec des dessins techniques détaillés il était aisé de réaliser la 1ere borne, qui a quand même pris 1 année car mon activité professionnelle normale à Conakry ne me permettait pas d’y consacrer beaucoup de temps. Mais suite au succès de cette première borne, lors du concours de la Semaine du Numérique 2017, il était évident qu’il fallait que je démissionne de mon job quotidien et me consacre entièrement à cette innovation. Ainsi contre l’avis de presque toute ma famille j’ai raccroché d’un
job qui me payait pourtant bien pour me consacrer à ma passion : c’était « un saut en
parachute, sans la certitude qu’il s’ouvrirait », mais c’est ce qui m’animait et m’anime toujours.

➡️ Vous étiez banquier, et vous avez renoncé à une très belle carrière pour vous lancer dans ce projet. Quel est le but pour lequel vous avez crée cette entreprise ? Vos objectifs ?

Créer TULIP était une sorte d’affirmation que NOUS africains nous pouvons aussi nous lancer et réussir dans la fabrication de hautes technologies, et inspirer mes compatriotes à emboiter le même pas, sans peur.
Ainsi TULIP fournis des technologies natives à l’Afrique pour solutionner des problèmes Africains et d’autres pays en développement. Mon objectif est d’être le leader de la technologie Africaine et servir ce marché de
presque 2 Milliards de personnes dans les prochaines 5 années. La consommation intra-Africa doit être l’objectif primaire des pays africains en matière d’échange commerciaux, et Tulip se focalise principalement sur cette nouvelle donne.

➡️ Qu’est ce qui est ou a été le plus dur dans la création de votre entreprise en Afrique et la construction de votre marque sur le plan international/mondial ?

Le Made in Africa est malheureusement mal perçu, surtout lorsqu’il s’agit de technologies. Très souvent nos propres compatriotes optent pour l’importation du fait des media et publicités des produits d’outre-mer. Hélas, nous jeunes africains avons aussi côtoyé et même triomphés dans les meilleures universités du Monde, Harvard, Yales, MIT, UCLA ou Columbia parmi tant d’autres universités. Plusieurs technologies mondialement connues ont réussi grâce a la contribution de jeunes africains à l’étranger, Mais cela nos compatriotes ne le savent que très peu. Alors lorsque nous décidons de produire localement nos propres technologies la confiance doit aussi être là. A l’extérieur de l’Afrique ce sont Symbole de l’innovation technologique médicale les homologations et autres barrières légales qui sollicitent beaucoup de moyens financiers pour que nos produits technologiques soient vendables dans ces
pays. Selon vous, quel est le défi à relever pour que le continent voit naître davantage d’entreprise comme Tulip industries ? L’Afrique doit créer ses propres normes d’homologations au niveau continental. Les produits importés doivent respecter ces normes et payer des droits. Les systèmes de brevet sous-régionaux doivent se fédérer pour mieux protéger les innovations africaines, qui deviennent nombreuses au fil des ans, mais copiées par l’Asie et l’Europe dans certains cas. En fin, faciliter les exonérations fiscales de 5 ans surtout pour les innovations pouvant impacter la vie des africains.

➡️ Un mot pour les jeunes africains aussi rêveurs et ambitieux que vous ?

N’ayez pas peur et foncez, car vos œuvres peuvent avoir un impacte immense sur les autres, même si vous n’en tirez pas grand profit parfois. Visez l’impact social comme objectif lorsque vous innovez ou créez votre entreprise, car l’argent ou profit n’est que le résultat de l’importance de votre création. Mais surtout, n’attendez jamais d’être riche pour créer, foncez des que ce rêve devient pesant dans votre conscience.

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