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MALI : Aissata Diakité, l’histoire d’une success story malienne

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Zabbaan est une Entreprise agroalimentaire malienne, des plus cotées et innovantes en Afrique. Sa fondatrice Aïssata Diakité, est née à Mopti, une région très agricole et culturelle du Mali. La jeune femme de 31 ans, a grandi dans une famille très entreprenante où la rigueur et les études étaient les mots d’ordres. Diplômée de l’école TECOMAH, une école de la Chambre de Commerce et Industrie de Paris, d’un master spécialisé en Management du Développement d’Affaires en Agro-business, Aissata a fait sa formation au Mali, en France, et en Angleterre. De 2013 à 2015, elle a travaillé comme consultante junior aux « Entretiens Européennes et Eurafricains » sur des problématiques liées au développement en Afrique.

Lobamag : Bonjour Aissata. Et si vous nous racontez l’histoire derrière Zabbaan ?

AD : Zabbaan c’est une longue histoire ! Au collège, je m’occupais des business de ma mère qui voyageait en me laissant un cahier et des objectifs à atteindre. En plus de cela, j’ai toujours été une passionnée du secteur agricole qui m’a poussé à effectuer mes études dans l’agroalimentaire. Dans les rayons à l’international et même en Afrique, les produits diététiques ou énergisants, alimentaires, etc, ne sont pas fabriqués en Afrique pourtant beaucoup contiennent des matières premières africaines.

Le projet Zabbaan a été mûri autour de valeurs comme la nutrition, la structuration des chaines de valeurs agricole en Afrique, la santé et la valorisation du potentiel agricole. On a mis quatre ans pour développer et structurer nos filières. Fin 2015, nous sommes entrés dans le processus de création et l’entreprise est née début 2016. Le temps passe si vite, l’année prochaine nous fêterons nos 5 années d’activités avec des innovations à présenter au monde entier.

Zaban est le nom du fruit le plus célèbre du Mali dénommé Maad au Sénégal ou Cocota en Cote d’Ivoire. J’ai  pris le nom de ce fruit pour son originalité, son goût très délicieux et son histoire, il est consommé par tous les âges au Mali et je l’écris ZABBAAN. Dans les comptes/dictons à Mopti, ma région de naissance, on nous disait que l’arbre du Zaban est le lieu de rencontre entre les animaux et les hommes de la savane. Nous avions interdiction d’aller chercher des fruits dans la foret car les serpents sont toujours à côté de l’arbre du Zaban qui s’étale d’un arbre à l’outre pour marquer son espace. Mais j’y allais avec mes amis.

Lobamag : Qu’est ce qui a été le plus dur pour vous dans la création de votre entreprise et la construction de votre marque ?

A.D : Entreprendre est un challenge au quotidien. Mes difficultés d’aujourd’hui sont différentes de celles de 2015, 2017 ou 2018, mais Il faut se battre au quotidien et transformer nos difficultés en opportunités car tous les secteurs sont à développer en Afrique. Quand on appartient à la diaspora africaine et qu’on retourne dans son pays, on est parfois rejeté. Et c’est très difficile au début, mes premières années j’avais des surnoms  du genre: «La petite Française-là, elle pense qu’elle sait tout…» ou «Elle nous fatigue!»….  Résultat: l’environnement n’est pas totalement favorable, il faut tout bousculer.

La corruption, ce n’est pas le ministre ou le directeur qui est fautif, c’est plutôt la X secrétaire ou la personne qui nous reçoit. Ces derniers ne comprennent pas les enjeux des projets de développement. C’est une problématique africaine dont les Etats et les décideurs devraient s’emparer afin que ces personnes comprennent que les acteurs qui viennent se déclarer le font pour contribuer au développement de leur pays. Ces intermédiaires rejettent les investisseurs, mettent nos dossiers au bout de la table parce qu’ils ont besoin de leur part du gâteau.

 

Je suis une ambassadrice du Made In Africa de qualité, une Afrique compétente qui valorise et produit sur le continent.

 

Lobamag : En quoi entreprendre est-il important pour les femmes, et même pour les jeunes africains ?

A.D :  Je suis pour l’entrepreneuriat des femmes sur le continent. Je suis présidente du réseau qui regroupe toutes les femmes industrielles du Mali, nous travaillons avec toutes les parties prenantes pour le développement de l’industrie au Mali car pour moi dans le monde professionnel, les femmes et les hommes sont égaux !

Tous les secteurs ont besoin d’innovation en Afrique, je me sens utile car le groupe Zabbaan participe pleinement au développement de l’économie et nos produits sont consommés partout et j’ai investis dans plusieurs domaines différents de l’agroalimentaire. Je n’hésite pas non plus à aller vers les autres pour échanger avec eux et être une force de proposition. L’entrepreneuriat m’a changée: je suis plus active.

Lobamag : Aissata, un sentiment de fierté aujourd’hui ?

A.D : Oui, aujourd’hui je suis fière de voir nos produits consommés dans les grands hôtels au Mali et sur le marché international. Nous avons lancé en 2018 une gamme en PET à 300 FCFA qui est vendu partout au Mali et qu’on souhaite développer dans la sous-région dans les supermarchés… Enfin, nous ne produisons pas que des jus, notre objectif est de mieux valoriser nos produits locaux d’Afrique de l’ouest qui ont des vertus, ainsi nous avons une gamme de confiture et de tisanes, d’autres produits innovants seront lancés dans le futur.

 

Propos recueillis par P.

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